Défaillances d’entreprises et LBO : quels sont les raisons et les risques ?
Mis à jour: 4 mars 2026
,Bibby Factor France
L’année 2025 s’est soldée par près de 70 000 défaillances d’entreprises, dont plus de 19 000 au cours du seul 4e trimestre. Ces données interviennent après plusieurs années de tensions économiques qui ont pesé sur la santé financière des PME depuis la crise sanitaire. Quels sont les principaux scénarios qui conduisent à la faillite ? En quoi le mécanisme de l’endettement par LBO est-il un pari risqué ?
C’est un « record historique ». Il n’y a jamais autant eu de procédures judiciaires (sauvegardes, redressements judiciaires et liquidations judiciaires) qu’au 4e trimestre 2025. Ce qui fait de l’année passée l’une des plus sombres sur le front de la santé des entreprises avec 69 957 défaillances, en croissance de 3,1 %.
Des défaillances variables selon la taille de l’entreprise
D’après le Cabinet Altares, spécialiste de l’information des entreprises, la hausse des faillites se poursuit mais à un rythme qui ralentit par rapport à 2024 et 2023. Les tensions sont encore « très fortes » pour les sociétés de plus de 100 salariés dont « le nombre d’ouvertures est au plus haut (236 sur l’année) et continue d’accélérer très fortement (+ 18,6 %). » De même, les TPE de moins de 3 salariés sont très fragilisées au 4e trimestre et sur l’ensemble de l’année où le taux de défaillance augmente de 4 %. Entre ces deux typologies d’entreprises, les PME (de 3 à 99 salariés) présentent une sinistralité en baisse. 4 800 défaillances ont été enregistrées au 4e trimestre (- 7 % par rapport à la même période 2024) et sur l’année 2025 la hausse est de 1 %. Certains secteurs qui étaient très touchés remontent la pente : c’est le cas par exemple de la construction et du transport routier.
Dans ce contexte, le retard moyen de paiement a dépassé 14 jours d’après Altarès, ce qui fragilise d’autant plus les entreprises déjà vulnérables.
En moyenne sur les 10 dernières années, le nombre de défaillances s’est établi à 51 985 par an. Avec de fortes disparités : pendant les « années Covid » le nombre a chuté pour atteindre un plus bas de 28 480 en 2021, avant de remonter progressivement à partir de 2022, puis de croître fortement depuis 2023.
Les radiations d’entreprise en forte croissance
Infogreffe signale pour sa part que 2025 « se caractérise par une augmentation d’ampleur exceptionnelle des radiations d’entreprises. Sur l’ensemble de l’exercice, 457 459 entreprises ont été radiées, soit une hausse de +51,5 % par rapport à 2024, année au cours de laquelle 319 303 radiations avaient déjà été enregistrées (+9 %). »
- Les radiations volontaires sont le premier motif de radiation (+ 36,7 % sur un an). Elles interviennent à la demande des dirigeants, généralement lorsque la fragilité économique persiste, sans perspective de redressement.
- Les radiations suite à une procédure collective ont quant à elles progressé de 24,6 %, se soldant dans près de 73 % des cas par une liquidation judiciaire.
Des petites entreprises vulnérables
Le niveau élevé des défaillances et la hausse des radiations témoignent de fragilités durables des entreprises. Leurs difficultés peuvent être attribuées pour partie à des facteurs macro-économiques. Le dérèglement économiques suite au Covid (retards d’approvisionnements, ruptures de stocks…), la guerre en Ukraine, la multiplication des tensions géopolitiques, l’envolée des prix de l’énergie, des matières premières, l’inflation, la hausse des taux d’intérêt, l’incertitude politique en France sont autant d’événements qui ont contribué à rendre la conjoncture défavorable. À ces causes « externes » s’ajoutent des causes internes. Dans le cas des PME, on pointe souvent du doigt :
- le manque de capitaux propres,
- une gestion financière fragile, notamment le manque de suivi des dépenses et recettes,
- la dépendance à un client majeur,
- le manque de trésorerie.
Pour toutes ces raisons, les petites structures sont particulièrement vulnérables face à des difficultés commerciales. Une baisse subite de la demande, des retards de paiement ou des impayés, des pertes de parts de marché ou encore des aléas imprévus (incendie, absence du dirigeant…) entraînent un risque de faillite.
LBO, un outil de financement qui repose sur l’endettement
D’autres explications aux défaillances sont à chercher du côté de l’endettement des entreprises, lorsque leur niveau d’activité – et de rentabilité – n’est plus suffisant pour rembourser leur emprunt bancaire.
C’est le cas en particulier avec le LBO. Le leveraged buy-out est un montage financier répandu qui consiste à racheter une entreprise par endettement. Le repreneur crée une société holding qui s’endette pour acheter les titres de l’entreprise cible, la dette étant remboursée par les versements de dividendes (ou de management fees) générés par l’activité de l’entreprise.
Ce montage dit « à effet de levier » permet à l’acquéreur de prendre le contrôle d’une entreprise tout en disposant de fonds propres limités. Dans le contexte actuel très porteur pour la transmission d’entreprise – on estime à 370 000 le nombre sociétés qui pourraient être transmises dans les 5 ans – le LBO est particulièrement prisé.
Toutefois, pour garantir le service de sa dette, mais aussi celui de la holding, la société rachetée doit être capable de générer suffisamment de trésorerie. Cela nécessite donc :
- une situation financière saine, avec une rentabilité suffisante, un endettement et un niveau de fonds de roulement maîtrisé,
- une bonne visibilité sur les flux de trésorerie disponibles.
Le piège de l’effet ciseaux
Dans le langage financier, l’effet ciseaux décrit une situation où les dépenses d’une entreprise augmentent alors que ses revenus baissent, générant une perte de la rentabilité. Cela peut survenir en cas de forte croissance du poids des charges (prix de l’énergie, des matières premières, des intérêts de la dette…) et/ou de chute des recettes (baisse de la demande, retournement de marché, perte d’un client majeur…). Récemment, des entreprises de plusieurs secteurs en ont fait les frais. L’habillement par exemple, du fait de la baisse de la consommation des ménages et du développement des achats en ligne. Mais aussi le bâtiment, victime du coup de frein brutal de la construction consécutive à l’augmentation des taux d’intérêt et au durcissement des crédits immobiliers, ainsi qu’aux atermoiements sur les aides à la rénovation.
Or en cas de LBO, le ou les acquéreurs doivent parvenir à générer un niveau de rentabilité suffisamment élevé pour être capables de rembourser les dettes qui ont permis de financer l’achat de l’entreprise. Tout revirement du marché peut mettre à mal leur stratégie de développement et peser sur leur santé financière.
La Banque de France constate d’ailleurs, dans une étude publiée en octobre 2025, « une montée de l’endettement bancaire des entreprises objet d’une opération de LBO, par comparaison avec leurs pairs. Sans invalider l’hypothèse d’un effet favorable des LBO sur leur performance opérationnelle, la hausse de la probabilité de défaut associée aux LBO marque une dégradation de la santé financière de ces entreprises. Si la part du capital‑investissement reste limitée dans le financement des entreprises en France, le développement des LBO pourrait amplifier leur endettement et leur risque de crédit. »
Affacturage : une réponse au besoin de trésorerie des LBO
Dans ce contexte, garantir un niveau de trésorerie optimal est indispensable. L’affacturage est une solution de financement qui permet de consolider le niveau de trésorerie de l’entreprise sans impacter ses ratios d’endettement. Concrètement, le factor se charge du recouvrement des créances et fait l’avance des liquidités dès l’émission des factures. Grâce à l’affacturage, l’entreprise dispose donc d’une trésorerie immédiatement, ce qui lui permet de financer son besoin de fonds de roulement. Elle peut ainsi disposer de liquidités pour faire face plus sereinement aux perturbations du marché.
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