Cinq mois après sa mise en place de PGE, Prêts Garantis par l'Etat, quel bilan tirer de ce dispositif ?

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By Bibby Financial Services

Chômage partiel, décalage de charges, PGE… Pour limiter les effets de la crise de la Covid-19 et éviter les faillites en série, le gouvernement a mis en place plusieurs dispositifs visant à soulager la trésorerie des entreprises. Parmi cet arsenal : les PGE, Prêts Garantis par l’Etat à hauteur de 90% des montants accordés par les banques, en franchise de remboursement sur 12 mois. Cinq mois après sa mise en place, quel bilan tirer de ce dispositif ? Quels seront ses impacts à court et long terme sur l’activité de l’affacturage et plus généralement sur l’économie française ? Réponses.

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PGE : les chiffres clé

Depuis le début de la pandémie, les banques françaises ont accordé plus de 120 milliards d’euros de PGE à près de 570 000 entreprises, pour une enveloppe annoncée de 300 milliards. Le premier constat, c’est qu’à date, seul un tiers de l’enveloppe allouée par le Gouvernement a été utilisé. Sur ces 120 milliards de PGE, 51 milliards ont bénéficié aux TPE. La majeure partie de la production s’est effectuée sur les 3 1ers mois de la crise. Cinq mois après la mise en place du dispositif PGE, nous assistons donc à un fort tassement de ces opérations.

Depuis le début de la crise en mars 2020, l’endettement brut des entreprises (le total de la dette sans défalquer la trésorerie) dépasse les 150 milliards d’euros. En revanche, l’endettement net (le total de la dette moins la trésorerie) n’a pour sa part augmenté que de 10 milliards d’euros. Ces chiffres montrent qu’une partie importante des PGE est restée dans la trésorerie des entreprises. Ainsi, sur les 51 milliards d’euros de prêts garantis par l’Etat octroyés aux entreprises, seuls un peu plus de 10 milliards d’euros ont véritablement été consommés. Le reste a permis de sécuriser la trésorerie des entreprises qui ont opté pour le PGE par précaution, pour gérer des aléas qui ne se sont pas encore réalisés. Au final, entre le chômage partiel et le décalage des charges, beaucoup d’entreprises n’ont donc pas eu besoin d’utiliser totalement les ressources allouées.

« Une des conséquences immédiates du PGE c’est que les entreprises qui y ont eu recours ont beaucoup de cash, elles sont en situation de surliquidités. Pour résumer, le PGE est une forme de crédit court terme qui jusqu’à présent n’a été utilisé qu’à hauteur du tiers maximum. Grâce à ce dispositif, les entreprises ont de la trésorerie. Or, l’affacturage est une forme de crédit court terme qui vise en premier lieu à générer davantage de trésorerie à travers la mobilisation de leurs créances. Par conséquent, à court terme, le PGE a un impact direct sur l’affacturage », estime François d’Abzac, Directeur Général de Bibby Factor France.

PGE : un impact direct sur l’affacturage

En injectant 51 milliards d’euros de crédit court terme auprès des TPE françaises, le dispositif a impacté l’affacturage au travers de deux phénomènes :

  • Les revenus issus du financement baissent chez tous les factors. Les entreprises ayant bénéficié d’un PGE sont en situation de relative surliquidité. Elles n’ont plus besoin de mobiliser l’intégralité de leur poste client alors qu’un financement partiel de leurs factures suffit à générer la trésorerie nécessaire à leur bon fonctionnement. Elles conservent donc leur contrat d’affacturage pour l’assurance-crédit et la gestion du poste client, mais réduisent leur niveau de tirage.
  • La situation s’est également dégradée d’un point de vue commercial. L’accès rapide aux liquidités étant l’un des premiers motifs de recours à l’affacturage, il est désormais plus difficile pour les factors d’acquérir de nouveaux clients.

En 2020, le PGE s’est largement substitué aux autres formes de crédit court terme dont fait partie l’affacturage. La donne devrait cependant changer dès mars 2021, lorsqu’il faudra rembourser.

Remboursement du PGE en 2021

A partir de mars 2021, deux options se présenteront aux entreprises ayant bénéficié d’un prêt garanti par l’Etat :

  • Le rembourser en une fois, à un taux quasiment nul,
  • Ou le transformer en crédit moyen terme, amortissable sur 5 ans avec un taux plus important (environ 1,5 à 2,5%).

Les entreprises qui auront souscrit le PGE par précaution, en s’en servant finalement peu, auront probablement les moyens de solder son remboursement en une fois.

Cependant, la plupart des entreprises, impactées par la crise économique, ne seront pas en mesure d’en faire autant. Pour elles, le PGE se transformera en crédit moyen terme. Pour pallier aux effets de la crise et honorer leurs dettes, ces entreprises auront de nouveau besoin de mettre en place des solutions de financement de trésorerie. L’affacturage retrouvera alors tout son intérêt.

Autre élément favorable à l’affacturage : les crédits bancaires seront plus difficiles à obtenir. Compte tenu de l’importance des engagements pris en 2020, les banques devraient se montrer beaucoup plus précautionneuses en 2021, en exigeant le respect de certains ratios financiers. Il est prévisible que les entreprises ayant bénéficié d’un PGE auront difficilement accès à de nouveaux crédits professionnels…

Dans un contexte de resserrement du crédit bancaire, l’évolution du PGE en crédit moyen terme favorisera le rebond de l’affacturage.

Si le dispositif PGE est à l’origine du tassement du marché de l’affacturage en 2020, le début de son remboursement en 2021 devrait faire évoluer cette tendance. En effet l’affacturage demeure le moyen le moins aléatoire et le plus efficace de financement court terme. Il devrait à nouveau être fortement sollicité par les petites entreprises à partir de 2021.

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