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By Bibby Factor France

Grâce aux mesures de soutien mises en œuvre depuis le début de la crise sanitaire - PGE, fonds de solidarité, chômage partiel, report de charges sociales et fiscales… -, les petites et moyennes entreprises ont traversé ces mois sans trop de casse. La baisse spectaculaire des procédures de défaillance en 2020/2021 en témoigne. Quel est l’état de leur trésorerie en sortie de crise ? Ont-elles les moyens de financer la reprise ?

Une trésorerie abondante

L’une des caractéristiques principales de cette période de sortie de crise est l’état de la trésorerie des TPE et PME. Il est bien supérieur à celui d’avant crise, sans doute sous l’effet des aides de l’État, délivrées selon la doctrine du « quoi qu’il en coûte ». Rien qu’avec le PGE – le Prêt Garanti d’État – ce sont quelque 142 milliards d'euros qui sont venus gonfler la dette de 691 000 entreprises de toute taille*.

D’après une étude du Conseil d'Analyse Economique (CAE)** portant sur les comptes bancaires en août 2021 de 100 000 TPE, PME et entreprises individuelles, l’amélioration de la situation de trésorerie est vérifiée pour la quasi-totalité des secteurs.

Quelques activités, très aidées, comme l’hébergement, la restauration, les arts et spectacles ont vu le nombre d’entreprises en situation financière difficile diminuer. En revanche, la situation d’une partie des entreprises des secteurs manufacturier, de la construction, de l’information et communication semble plus fragile. Dans le domaine de la construction par exemple, les entreprises qui ont souscrit un PGE connaissent une dégradation de leur situation financière plus marquée, à la suite du premier confinement, puis une stabilisation jusqu’en août 2021. La situation financière des entreprises de ce secteur est d’autant plus importante à prendre en compte qu’il fait face depuis quelques mois à une pénurie de main-d’œuvre et à l’augmentation des prix des matériaux et des matières premières.

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Des TPE en meilleure santé que les PME

L’évolution de l’encours net bancaire, mesuré comme la différence entre les soldes de comptes courants et les comptes d’épargne et l’encours de l’ensemble des dettes bancaires (investissements, trésorerie dont le PGE par exemple) a été favorable. Cela est plus marqué pour les TPE que pour les PME. Une raison avancée par le CAE est que le fonds de solidarité a été initialement réservé aux TPE avant d’être étendu à des entreprises de plus grande taille. La donne devrait néanmoins changer cette année avec l’arrêt du fonds à compter d’octobre 2021 (hors départements et territoires d’outre-mer)…

Dette bancaire et dette de trésorerie

Les entreprises qui ont le plus recouru à un PGE sont aussi celles qui enregistraient une situation financière difficile avant même l’arrivée du Covid. Leur dette bancaire nette s’est plus accrue et leur santé financière s’est plus dégradée au cours de ces mois de crise.

Environ 35 % des TPE/PME ont bénéficié d’un PGE. Et l’étude du CAE révèle qu’environ 40 à 50 % de ce prêt a été consommé, ce qui semblerait témoigner de l’usage du prêt pour financer des dépenses et des pertes.

La dette bancaire, traditionnellement utilisée pour financer de l’investissement, est après crise bien plus orientée vers le financement des besoins de liquidité. Selon l’étude, en août 2021, 44 % de la dette totale des TPE est désormais de la dette trésorerie, un taux qui atteint même 52 % de la dette totale des PME !

Autre donnée riche d’enseignement : « en août 2021, 15 à 25 % des entreprises avec PGE seraient dans l’incapacité de rembourser une annuité de 20 % de leur PGE ».

Des défaillances contenues

À court terme, les experts s’accordent pour estimer que le risque de défaillances d’entreprises devrait rester limité, en raison des réserves de trésorerie et de l’augmentation maîtrisée de la dette nette.

Plusieurs mesures ont été lancées pour éviter de trop nombreuses faillites. Ainsi, au printemps dernier, le gouvernement a mis en œuvre une procédure judiciaire simplifiée pour les TPE/PME de moins de 20 salariés en difficulté. Les premières annuités de remboursement du PGE ne sont attendues qu’au printemps 2022, pour prendre fin en 2026. « À l’issue de la première année, le dirigeant de l'entreprise peut décider de rembourser immédiatement son PGE ; l'amortir sur une période additionnelle de 1 à 5 ans ; ou de mixer les deux. Il est également possible d'intégrer dans la phase d'amortissement une nouvelle période d'un an où seuls les intérêts et le coût de la garantie d'État seront payés, en restant dans une durée totale de prêt de 6 ans », rappelle la Fédération Bancaire Française*.

Pour les entreprises souhaitant renforcer leur solidité financière, le gouvernement a lancé le Prêt participatif de relance (PPR), présenté comme « un levier au service de la relance, pour les entreprises ayant des projets de développement nécessitant de renforcer leur solvabilité ».

Néanmoins, les conséquences de l’arrêt des aides et du début d’amortissement du PGE sont à craindre chez un certain nombre d’entreprises fragiles.

Des prévisions de croissance encourageantes

Les entreprises peuvent compter sur une reprise de l’activité économique plus rapide qu’escomptée puisque l’Insee a relevé ses prévisions de croissance pour l’année 2021, à 6,25 % (pour mémoire, -8 % en 2020).

Toutefois ce rebond n’est pas attendu de manière uniforme et certains secteurs, tels que la restauration et l’hébergement, ne retrouveront sans doute pas leur dynamisme d’avant crise. De plus, l’envolée du prix des matières premières et de l’énergie pourrait à nouveau gonfler la dette nette des entreprises, déjà affectées par des difficultés d’approvisionnement. D’après la Banque de France, celles-ci ont pénalisé l’activité de 56 % des entreprises de l’industrie et de 62 % des entreprises du bâtiment qu’elle a interrogées en septembre. Les entreprises vont donc dans bien des cas devoir puiser dans leur trésorerie pour assurer leur besoin de fonds de roulement, nécessaire au financement de la croissance et à la reconstitution des stocks. Dans le même temps, leur marge risque d’être affectée par l’augmentation du prix de leurs achats, qui ne peut être entièrement répercuté sur le prix de vente…

Avez-vous pensé à l’affacturage ?

Dans ce contexte d’incertitude, l’affacturage peut vous aider à profiter de l’embellie économique sans augmenter votre dette.

En effet, ce dispositif est un moyen simple et efficace de financer votre trésorerie à court terme. En recourant à un affactureur, vous bénéficiez d’une avance de trésorerie dès l’émission de vos factures, sans attendre leur échéance. Vous obtenez ainsi les liquidités immédiates pour accroître votre capacité de financement tout en vous protégeant des « mauvais payeurs ». L’affacturage n’est pas réservé aux grands groupes. Il est tout à fait adapté aux TPE et PME dont la gestion de la trésorerie est une des clés de succès.

Lire aussi 5 conseils pour préserver sa trésorerie

* Le financement des entreprises, priorité stratégique des banques françaises, Fédération des banques françaises, http://www.fbf.fr/Le financement des entreprises - Octobre 2021

** La situation financière des PME/TPE en août 2021 au vu de leurs comptes bancaires, CAE, https://www.cae-eco.fr


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